Grand frangin

Mon grand frangin
Né sous le signe de la neige
Un trente avril
Celui qui me protège
De ceux qui menaçaient

J’allais de temps en temps
Jouer dans ta chambre en haut
Des courses de snowboard
Avant que tes copains ne viennent

On en a eu des batailles
Près du tas de bois
Derrière la maison
Ou dans des joutes
À cause d’un petit frère
Péniblement bavard

Plus tard, nous discuterons
Alors que perdu tu étais
Et que moi je grandissais
Nous étions frères de peine
Frères d’espoir, tout simplement

Aujourd’hui, c’est dans un foyer
Que je te retrouve épanoui
Fier de ton couple, de ton fils
Et tu as raison je suis pareil

Différents mais frères
C’est ce qui nous unit
Tu es dans mes prières
Chaque jour et chaque nuit

Bon anniversaire Manu ❤️

Ben 30/04/2020


Tu me manques à cette heure

Tu me manques à cette heure
Au milieu de mes langueurs
La belle cité des mineurs
Terroir cher à mon cœur

Les souvenirs j’ai laissé
Dans une maison jumelée
Au coeur des vertes forêts
Et des vestiges d’un temps passé

Confiné désormais
Sur une île de France
Je ne peux qu’admirer
Les printemps de mon enfance

Ce ciel bleu et sans nuage
Le soleil effleurant le visage
Chuchotant aux fleurs dès le matin
Que la journée se passerait bien

Foncer à toute allure sur le vélo
Dans les rues et venelles du Gué Plat
Aller à la coop ou au camion pizza
Rejoindre les copains près du transfo

Vivement la fin de cette crise sanitaire
Pour enfin pouvoir respirer ton air
Voir de mes yeux La Ferrière
Vibrer comme si j’étais parti hier

Ben (15/04/2020)


Occupation

Tandis que les jours passent
Et que nos cœurs se lassent
Nous quêtons l’occupation
Au sein de nos maisons

Les jeux de société
Par écran interposé
L’apéro réinventé
De familles éloignées

Et puis sur les réseaux
Poussent des défis rivaux
De la photo d’enfance
Au sport à distance

Des artistes aussi
Se mettent des défis
Chaque jour de poster
Le fruit de leurs idées

Renaud Capuçon
Joue un air de violon
Tel un stradivarius
On oublie le virus

Goldman, Vanessa Paradis
Poussent la chanson pour dire merci
D’autres comme Calogero
Créent depuis leur piano

Les enfants jardinent
Les parents dessinent
Les ministres déclament
Les soignants réclament

Deux poids, quatre mesures
On n’a pas idée du futur
Restons bien confinés
Travaillant notre pensée

Ben (06/04/2020)


La vague

La vague,
Celle de la tempête,
Déferlant d’est en ouest
Avale, déchire, rejette
Et lorsqu’elle se retire
Plus rien ne reste
Elle submerge,
Devient un raz de marée
Dévastant sur son passage
Même les bateaux
Les mieux arrimés

De l’extérieur,
À l’intérieur,
Tout n’est que désastre,
Puissante colère,
Agitation
Et folle destruction

Cette vague
Est arrivée,
Chez nous aussi,
Comme une claque
En pleine tête
Submergeant nos vies,
Nos hôpitaux
Sans masques pour plonger,
L’alerte lancée depuis bien longtemps
Nous rattrape et nous confine
En un rien de temps
Ne nous laissant aucune occasion
De reprendre notre respiration

Elle n’est pas seule
Et lorsque sa mer,
Ouvre sa gueule,
Elle emmène sans se taire
Les cris des violences
Les larmes de silence
Qui dans les maisons
Dépassent la raison

Ah, quand cesseras-tu
De venir nous secouer
Comme si tu nettoyais
Alors que tu nous tues ?

Demain, tu ne seras plus
L’orage, de courte durée
Chargé d’électricité
Opérera sa mue

Une autre vague surgira,
Celle de l’espoir cette fois
Plus douce, plus calme
Qui bercera nos âmes

Alors on pourra apprécier
De pouvoir naviguer
Au rythme paisible
D’un océan des possibles

Ben (28/03/2020)


Coronavirus

Tu viens de tes piquants invisibles
Altérer nos chairs destructibles
Tu te fais maître du monde
En un quart de seconde

En véritable poison
Tu décimes dans les maisons
Ceux qui ne t’impressionnent
Aucun souffle tu ne leur donne

Mais ce n’est pas à toi
Pourtant, t’en croyant digne
Que nous décernerons
les titres héros ou héroïne

Car du peuple s’élève une voix
Force pour les premières lignes
Ensemble nous remettrons
La couronne à ceux qui t’assassinent

Ben (23/03/2020)