Une jeune demoiselle

Mes souvenirs s’évadent,
Moi qui pensait les avoir bien enfermés
Je sens bien que tout se délite
Mais je vis dans les méandres de ma pensée

Au pressé, au passant,
Au passé, au présent
Point de futur que l’usure,
Qui toujours me dévore,
M’assaille et me rattrape.

Voilà maintenant que je suis enfermée
À la place de mes souvenances
Je ne sais plus ce que je suis
Je ne suis plus ce que je fus
Et dans cette chambre condamnée,
Je suis perdue, déboussolée

A qui confier mon désarroi ?
Qui pourra entendre mes tracas ?
Soudain, quelqu’un que je ne connais pas
M’emmène vers la fenêtre d’une douce voix

Des gens chantent et se font poètes
Serait-ce pour nous conter fleurette ?
Il y a aussi cet ustensile
J’ai le mot sur la langue
Vous savez, avec des touches noires et blanches

Dans cette gentille drôlerie
Je repense à ces après midi
Où, près des miens je me trouvais
Dans la joie de la maisonnée
Je chante au milieu de tous réunis
Des airs de Brel, de Piaf aussi
Une jeune demoiselle je suis
Qui danse dans les rues de Paris
Voici mon accompagnateur
Au piano il joue presque par cœur

J’ai trouvé ce mot qu’il me manquait !
Mais, que font là ces gens masqués
Ils reviendront, ont-ils promis
D’un ton joyeux, ils sont repartis
C’est le village entier mobilisé
Qui prend soin de ses aînés

Ben (18/04/2020)


Tu me manques à cette heure

Tu me manques à cette heure
Au milieu de mes langueurs
La belle cité des mineurs
Terroir cher à mon cœur

Les souvenirs j’ai laissé
Dans une maison jumelée
Au coeur des vertes forêts
Et des vestiges d’un temps passé

Confiné désormais
Sur une île de France
Je ne peux qu’admirer
Les printemps de mon enfance

Ce ciel bleu et sans nuage
Le soleil effleurant le visage
Chuchotant aux fleurs dès le matin
Que la journée se passerait bien

Foncer à toute allure sur le vélo
Dans les rues et venelles du Gué Plat
Aller à la coop ou au camion pizza
Rejoindre les copains près du transfo

Vivement la fin de cette crise sanitaire
Pour enfin pouvoir respirer ton air
Voir de mes yeux La Ferrière
Vibrer comme si j’étais parti hier

Ben (15/04/2020)


Au cœur du confinement

Au cœur du confinement
et celui du rangement,
des souvenirs remontent,
des objets, des lettres…
Et puis des larmes aussi.

Les mots doux refont surface,
et font vibrer les sentiments
trop longtemps endormis,
qui nous ramènent au firmament,
à l’existence même.

Que jamais nous n’oubliions,
dans le présent éloignement,
de puiser régulièrement
la force des liens qui nous unissent.

Laissons en nous se réveiller
la profondeur de l’essence humaine,
rappelant dans chaque battement
qui nous sommes vraiment.

Et que chaque jour nous retrouvions
le chemin de vivre autrement
pour qu’un avenir enthousiasmant
s’élève à nouveau sur nos vies.

Ben (19/03/2020)