Le dernier jour d’un confiné

Le dernier jour
Est souvent mêlé
D’excitation et d’âpreté

Chaque jour durant
Nous avons attendu et espéré
L’issue de cette folle épopée

Le jour de la liberté
Nous ne savons plus s’il faut savourer
Ou alors rester chez soi bien abrité

Car à l’habitude
Certains conforts sont appréciés
Et le retour dans la société amène l’anxiété

Alors vivons comme si
Nos dernières heures ici se vivaient
En ayant préparé son éternité

Et que cette paix inonde
Le dernier jour d’un confiné

Ben (10/05/2020)

 
 
 
 

Le cerisier d’or

Joli mois de mai
De l’an soixante-dix
Vis fleurir non seulement le muguet
mais aussi un couple love and peace

L’amour en premier lieu
Fondation des plus heureux
La paix vient ensuite
Pour vous donner la conduite

Cinquante ans déjà
Et plein de branches il y a
À votre cerisier d’or
Et il y en aura encore

Merci pour qui vous êtes
Des beaux-parents vedettes
Exemples de générosité
Et loin de la morosité

Ben (02/05/2020)


Pénurie

Peur au-dessus des caddies
Éternue et tous se méfient
Ne quitte pas des yeux ta liste
Un seul passage sur la piste
Rayons devalisés, ambiance glacée
Imagine quand la guerre régnait
En cette heure la paix est nourrie

Ben (20/04/2020)


L’île aux cerfs

Poussière je suis né
Et j’y retourne désormais
Personne ne m’a réclamé
Dans une fosse je suis enterré

J’habitais au cœur du Bronx
C’est sans le sou que je marchais
Cherchant l’abri de ma raison
Dans l’enfer de ce quartier

J’espérais une meilleure vie
Loin des déserts que je connus
Je ne voyais pas la mort ainsi
Asséché par ce virus imprévu

C’est maintenant sur Hart Island
Que ma trace s’oublie un peu plus
Au milieu des cercueils en bande
Là où le cerf ne brame plus

De l’humanité je n’aurais goûté
Qu’à l’ironie de l’attribut « commune »
Donné à cette longue tranchée
Fermée sans marque aucune

Près d’un million de mes confrères
Sont entassés sans oraison
Ne reste sur cette langue de terre
Que le silence de l’abandon

Ayant avec Dieu fait la paix
Mon âme n’est pas oubliée
Tel Lazare et le mauvais riche
Quittant ce monde en friche

Ben (11/04/2020)


Ô homme, pense et considère

Alors que le soleil m’attire au dehors
Me chatouillant de ses fins rayons d’or
Je me confine et résiste à l’envie
Pour éviter de faire perdre des vies

J’en profite pour réfléchir, méditer
Faire ce que je ne ferai jamais
Si l’habitude du quotidien revenait
Me saisir dans sa vie mouvementée

Prendre le temps de prendre le temps
Une pause imposée, comme en suspens
Dans la temporalité de ce monde
Qui s’arrête, respire, puis vagabonde

L’après tout-ça verra l’évolution
Et ne retiendra pas de conclusions
Autre que pour le fameux progrès
Qui fera de nous des surveillés

Ô homme, pense et considère
Pendant que tu es sur la terre
Comment changer ton destin
Ici-bas et préparer demain

La vraie liberté t’est promise
Ton âme il faut que tu actualises
Fais la paix pour l’éternité
Ta vie va complètement changer

Ben (09/04/2020)