Absinthe

Tchernobyl
Vingt-six avril
Vieux souvenir enfoui
Dont les cendres incandescentes
Et indécentes
Brûlent encore et toujours
Faudrait-il agrandir
Le sarcophage qui te confine ?
Et bien c’est déjà fait
Avec trois milliards d’encoffrés
Le nouveau nuage va passer
Sans se faire remarquer
Les médias ne s’étalent pas
Ayant assez sur le corona
L’homme est un fou savant
Qui joue avec le feu dévorant
Croyant sublimer son monde
Mais qui l’élime chaque seconde
Transformant l’absinthe qui le tuera

Ben (26/04/2020)


L’homme s’habitue à tout

L’homme s’habitue à tout
Semaine après semaine
Dimanche après dimanche
Les chiffres s’enchaînent
Les oreilles étanchent

L’homme s’habitue à tout
Aux horreurs médiatiques
Aux séries d’adrénaline
Les vues se cliquent
Les yeux déclinent

L’homme s’habitue à tout
Des réseaux au bout des doigts
Aux boutons déclencheurs
Le confort déçoit
Les mains épeurent

L’homme s’habitue à tout
Aux complots mondiaux
Aux insultes gratuites
Les ragots sont dévots
La bouche cuite

L’homme s’habitue à tout
Dans son confinement
Dans son doux narcisse
Les autres sont absents
Les cœurs refroidissent

Tellement habitué
Et jamais surpris
l’homme n’a pas senti
Soudainement arriver

Son corps contaminé
Son travail s’arrêter
Son souffle feindre
Sa vie s’éteindre

À l’éternité
S’était-il préparé ?
Rien ne nous appartient
Habituons nous à y penser

Ben (12/04/2020)