Absinthe

Tchernobyl
Vingt-six avril
Vieux souvenir enfoui
Dont les cendres incandescentes
Et indécentes
Brûlent encore et toujours
Faudrait-il agrandir
Le sarcophage qui te confine ?
Et bien c’est déjà fait
Avec trois milliards d’encoffrés
Le nouveau nuage va passer
Sans se faire remarquer
Les médias ne s’étalent pas
Ayant assez sur le corona
L’homme est un fou savant
Qui joue avec le feu dévorant
Croyant sublimer son monde
Mais qui l’élime chaque seconde
Transformant l’absinthe qui le tuera

Ben (26/04/2020)


Gueules dévisagées

Les avez-vous vu ?
Ne l’avez-vous point su ?
Il faut le voir
Pour ne pas y croire

Ces marques
De masques
Constamment portés
Toute la journée

Aucune photo de carnaval
Sur le réseau social
Mais celles de nos soignants
Aux visages souffrants

Du rouge, du jaune, des bleus
Des formes variées autour des yeux
Pour les hommes et pour les femmes
On assiste tous au même drame

Des heures d’affilée
Des blouses enfilées
Oscillant entre guérison et décès
Ils sont la définition de l’humanité

Et quand, rentrant chez eux
Après avoir fait de leur mieux
Ils effraient leur anges
Ce n’est pas mérité

A jamais nous pouvons
Pour toujours nous devons
Rendre hommage
À ces gueules dévisagées

Ben (16/04/2020)


Ô homme, pense et considère

Alors que le soleil m’attire au dehors
Me chatouillant de ses fins rayons d’or
Je me confine et résiste à l’envie
Pour éviter de faire perdre des vies

J’en profite pour réfléchir, méditer
Faire ce que je ne ferai jamais
Si l’habitude du quotidien revenait
Me saisir dans sa vie mouvementée

Prendre le temps de prendre le temps
Une pause imposée, comme en suspens
Dans la temporalité de ce monde
Qui s’arrête, respire, puis vagabonde

L’après tout-ça verra l’évolution
Et ne retiendra pas de conclusions
Autre que pour le fameux progrès
Qui fera de nous des surveillés

Ô homme, pense et considère
Pendant que tu es sur la terre
Comment changer ton destin
Ici-bas et préparer demain

La vraie liberté t’est promise
Ton âme il faut que tu actualises
Fais la paix pour l’éternité
Ta vie va complètement changer

Ben (09/04/2020)


Volatile

En ce matin rayonnant
J’aperçois de ma fenêtre
Un pigeon se balançant
Sur une branche fluette

J’eus comme l’impression
Nos regards se croisant
Que l’oiseau, sur son scion
Me snobait gentiment

Homme en cage
Volera-t-il ?
Doux plumage
Volatile

D’un claquement d’ailes
L’ovipare s’élance
Et depuis la chanterelle
Je reste dans mon silence

Ben (04/04/2020)

 


Petit grand homme

Petit homme, tu débarquas dans ce monde
Peu avant que n’explose la bombe
L’an deux mille vingt annonçait la joie
Et c’est bien le cas grâce à toi

Chaque jour que Dieu fait,
Nous le bénissons pour ton arrivée
Au meilleur moment, le 31 janvier.

Quand je te regarde, blottis dans mes bras
Je me demande encore parfois
Lequel a besoin d’être rassuré
En cette période si troublée

Grand homme, si fort et si vulnérable
Ton appui se trouve dans l’inébranlable
En celui qui te rend capable

De respirer encore la vie
Et qui te donne aujourd’hui
De façonner à son image
Des sourires sur les visages

Ensemble, nous chanterons l’espérance
Dans les larmes, et aussi dans nos danses
Qui rythmeront notre tendre existence

Ben (02/04/2020)