Pénurie

Peur au-dessus des caddies
Éternue et tous se méfient
Ne quitte pas des yeux ta liste
Un seul passage sur la piste
Rayons devalisés, ambiance glacée
Imagine quand la guerre régnait
En cette heure la paix est nourrie

Ben (20/04/2020)


Elles

De toutes les guerres
Elles sont les premières
A se bouger le derrière
Pour palier à la misère

Elles, chevilles ouvrières
Ne sont pas mises en lumière
Pour beaucoup non nécessaires
Alors que la galère, elles gèrent

Soutenons les infirmières
Et soignantes guerrières
Qui ne regardent au salaire
Dans de folles conditions sanitaires

Remercions celles de la terre
Croulant sous les emprunts bancaires
Ne laissant pas leur temps en jachère
En vraies mères nourricières

Évoquons les routières
Qui ne comptent leurs horaires
Pour livrer les conteners
De Hyères à Saint-Nazaire

Saluons les couturières
Souvent mises au vestiaire
Qui de leur savoir-faire
Tissent les barrières

Chacune à sa manière,
nous pouvons en être fiers
Contribue, force vivrière
À sauver la France entière

Ben (07/04/2020)


Nous sommes en guerre

La guerre je n’ai jamais vécu
Ni les millions de morts qu’elle a bu
Aucune de ses dures atrocités
A rien d’autre je ne peux le comparer

Mais hier regardant la télé
Notre président a déclaré
« nous sommes en guerre »
En pleine crise sanitaire

C’est la psychose
Le virus est réel
Une bombe explose
Le monde chancelle

Au front sont envoyés
Des blouses téméraires
Avec pour seul cri de guerre
Chez vous il faut rester !

Tous à l’abri
En confinement
Nous vivons nos vies
Restant patients

Les autres patients
Sont en réanimation
Les familles espérant
Des poumons en fonction

Ce vicieux virus
S’attaque à tous
Aux réchappés des nazis
Comme à la jeune Julie

Les rapports quotidiens
Font le lourd décompte
Des flambeaux éteints
Des courbes qui montent

Les premières lignes s’effondrent
Les réserves sont appelées
Un peu partout dans le monde
On fait preuve de solidarité

Dans la rue pourtant
Ceux qui se croisent
Se méfient et se toisent
Dans un silence glaçant

Mais le soir venu
Dans un réflexe ému
à l’horaire précis
Depuis nos balcons
Jaillissent les mercis
De toute une nation

Ce peuple se rendra-t-il compte
Que beaucoup ont été sacrifié
Au prix fort de notre honte
Pour ne pas avoir crié quand il fallait ?

Boulangers, éboueurs, postiers
Survivent sans armes, sans munitions
Gendarmes, caissières, routiers,
Et bénévoles méritent l’admiration

La guerre je n’ai jamais vécu
Mais de celle-ci je ne veux plus
Aux couleurs de la sérénité
Je souhaite pouvoir me reposer

Ben (27/03/2020)