Porte bonheur

Alors que les clochettes sonnent
Pour marquer du mois d’avril la fin
Le muguet de son magnifique parfum
Fait son entrée sans voir personne

Pour s’encourager dans la joie
On va s’envoyer cette fleur virtuelle
Accompagnée de pensées usuelles
Comme si le bonheur était sans voix

Pas de vendeurs au coin des rues
Ni de manifestations prévues
Nous ne fêterons pas le chômage
De ceux qui subissent l’orage

Où donc trouver le bonheur ?
Tu peux le porter à l’intérieur
Il suffit de laisser ton créateur
Le déposer au fond de ton cœur

Ben (01/05/2020)


Une jeune demoiselle

Mes souvenirs s’évadent,
Moi qui pensait les avoir bien enfermés
Je sens bien que tout se délite
Mais je vis dans les méandres de ma pensée

Au pressé, au passant,
Au passé, au présent
Point de futur que l’usure,
Qui toujours me dévore,
M’assaille et me rattrape.

Voilà maintenant que je suis enfermée
À la place de mes souvenances
Je ne sais plus ce que je suis
Je ne suis plus ce que je fus
Et dans cette chambre condamnée,
Je suis perdue, déboussolée

A qui confier mon désarroi ?
Qui pourra entendre mes tracas ?
Soudain, quelqu’un que je ne connais pas
M’emmène vers la fenêtre d’une douce voix

Des gens chantent et se font poètes
Serait-ce pour nous conter fleurette ?
Il y a aussi cet ustensile
J’ai le mot sur la langue
Vous savez, avec des touches noires et blanches

Dans cette gentille drôlerie
Je repense à ces après midi
Où, près des miens je me trouvais
Dans la joie de la maisonnée
Je chante au milieu de tous réunis
Des airs de Brel, de Piaf aussi
Une jeune demoiselle je suis
Qui danse dans les rues de Paris
Voici mon accompagnateur
Au piano il joue presque par cœur

J’ai trouvé ce mot qu’il me manquait !
Mais, que font là ces gens masqués
Ils reviendront, ont-ils promis
D’un ton joyeux, ils sont repartis
C’est le village entier mobilisé
Qui prend soin de ses aînés

Ben (18/04/2020)


Coronavirus

Tu viens de tes piquants invisibles
Altérer nos chairs destructibles
Tu te fais maître du monde
En un quart de seconde

En véritable poison
Tu décimes dans les maisons
Ceux qui ne t’impressionnent
Aucun souffle tu ne leur donne

Mais ce n’est pas à toi
Pourtant, t’en croyant digne
Que nous décernerons
les titres héros ou héroïne

Car du peuple s’élève une voix
Force pour les premières lignes
Ensemble nous remettrons
La couronne à ceux qui t’assassinent

Ben (23/03/2020)